D’amour et de proteines
Colette Coquis a passé quatre ans en Asie. Plutôt que de raconter le périple lui-même, elle a choisi de raconter ce qui en a été l’aboutissement : l’adoption, en Thaïlande, d’une petite fille qui avait presque six ans et avait vécu jusque-là entre orphelinats.
Le récit est construit de l’intérieur. L’auteure donne alternativement la parole à la mère et à l’enfant — restituant ainsi ce que chacune a traversé, ressenti, attendu. Ni misérabilisme ni triomphalisme : Colette Coquis raconte une aventure humaine, avec la précision de quelqu’un qui l’a vécue et le désir de montrer qu’à presque six ans, malgré les ruptures accumulées, rien n’est encore perdu.
Luttes de pouvoir aux Comores
Comment les notables traditionnels, les notables professionnalisés et les politiques professionnels se disputent-ils le pouvoir aux Comores ? Djamal M’Sa Ali, sociologue de formation, examine à travers le cas Azali les mécanismes qui régissent les luttes d’influence dans l’archipel comorien. S’appuyant sur les concepts de Pierre Bourdieu, il analyse comment les différentes élites se positionnent et s’affrontent pour conquérir et conserver le capital politique. Fondateur des Éditions De La Lune, Djamal M’Sa Ali livre ici un essai rigoureux sur les dynamiques de pouvoir dans un État insulaire en quête de stabilité.
Du cote des proverbes comoriens
Avec la parole articulée sur le mode des proverbes, on peut épingler ou séduire ses auditeurs, comme on peut percer les mystères du pouvoir. Le proverbe est une arme destinée aux luttes sociales où se forgent l’honneur de soi et l’image de tout un groupe. Il apparaît comme outil de déchiffrage des codes sociaux et jouit dans le pouvoir coutumier comorien d’une fonction magique importante. Il nous fait voyager à travers les méandres sociaux, la sagesse populaire, la légende, la croyance, l’éducation, l’amour et l’organisation sociale. C’est dans ce sens que Mohamed Bachirou décide d’explorer ce royaume de l’expression orale afin de mettre à l’écrit ce qui est du domaine de l’oralité — un pari destiné à conserver l’un des fondements de la civilisation littéraire africaine.
L’Afrique dans la main du diable
L’Afrique dans la main du diable est une pièce de théâtre portant sur l’émigration clandestine des Africains vers l’Europe, avec en toile de fond une interrogation récurrente sur les causes de cette aventure migratoire. De la prison de Mille Portes où commence l’histoire, à la rencontre des voyageurs clandestins, un diagnostic se fait en Afrique. Tour à tour, les personnages portent de vives réflexions sur les origines de la misère qui sévit le continent. Les uns défendent une philosophie patriotique affirmant que la « belle vie » pourrait se trouver en Afrique, les autres essaient de couvrir l’irresponsabilité de certains chefs d’État, source de ces déplacements périlleux. Cette pièce est une tribune offrant à des catégories sociales différentes l’occasion de porter une analyse sur la vie actuelle du continent. Coмédien et metteur en scène, Nadjloudine Abdelfatah signe ici son premier livre.
Yoan et le tresor de la Tarasque
En 1968, dans le midi de la France, quatre adolescents se réunissent pendant les vacances dans une vieille grange de la campagne provençale. En fouillant une armoire, Aurélien découvre une lettre étrange : écrite en 1476, elle n’est jamais parvenue à son destinataire. Adressée au roi René, elle annonce le retour de la Tarasque — ce dragon mythique amphibie qui ravageait tout sur son passage — et révèle la cachette de la couronne et des bijoux du monarque dans le château de Tarascon. En partant à la recherche de ce fabuleux trésor, les enfants vont vivre une aventure extraordinaire, confrontant légende provençale et mystère médiéval.
L’honneur des laches
Assad M. est mort simplement parce qu’il était grand-comorien. Son meurtre ouvre un roman sans concession, dans lequel Fahoudine Ahamada-M’zé pourfend une élite comorienne trop consensuelle, aussi bien dans les îles que dans la diaspora. À travers une écriture audacieuse et provocatrice, l’auteur interroge la lâcheté collective face à l’insoutenable, la violence raciste et le silence des témoins. Un premier opus signé d’un jeune écrivain comorien installé à Marseille, qui ruse avec sa prose pour mieux flinguer la bêtise des siens.
Chroniques transatlantiques vol. 2 : Atlantic crossing – American dream
Le second volume des Chroniques Transatlantiques vient répondre à la question posée dans le premier tome : qu’adviendra-t-il d’Adeline et Olivier ? Entre Nouveau-Monde et vieille Europe, le regard d’Olivier se tourne vers des perspectives américaines baignées de ces atmosphères qui l’étourdissent. Il abandonne alors peu à peu la France, ses activités fantasques et sa mémoire désenchantée pour rejoindre Adéline et leur ardeur commune. Atlantic Crossing s’évade de Chicago à Vienne, en découvrant Montréal, New York City, Savannah ou encore Vancouver. Autant d’échappeées intemporelles rythmées des souvenirs extravagants d’Adéline et Olivier, bercés par le luxe prodigieux qui les environne et emportés par leur destin exceptionnel.
Leo et l’ecole
Il ne faut plus laisser croire que l’école est le dernier rempart culturel et éducatif ! Mais de quelle culture parle-t-on ? Les enseignants sont-ils suffisamment tournés vers le monde extérieur ? Peut-on parler d’égalité quand la gestion de l’hétérogénéité est si difficile, de justice quand l’aide aux devoirs n’est pas généralisée ? Peut-on parler de citoyenneté sans véritables dialogues politiques ? Noël Walterthum propose une exploration sans concession de l’école : enseignants démissionnaires ou niés, parents en mal de repères, enfants brinqueballés trop mais toujours mal aimés. Un acte de foi dans la possibilité de briser la mécanique de l’échec programmé — ouvrage conseillé par l’académie de Grenoble aux IUFM.
Paul ou les Illusions africaines
Stéphane et ses compagnons de voyage partent consulter l’oracle d’un village africain. Le devin lui annonce un grand bonheur accompagné d’une perte douloureuse, et lui promet un long rêve éveillé. Ce second roman de Sylvain Hariga, homme de voyages et de découvertes, nous entraîne au cœur de l’Afrique pour une histoire d’amour hors du temps. Un roman envoutant dont la fin invite à une relecture immédiate pour en saisir tout ce qui avait échappé à la première lecture.
Le tam-tam des bannis
Le Tam-tam des Bannis retrace en cinq actes les tribulations de Soumbi, un « célibataire » endurci de trente-cinq ans — non pas célibataire au sens strict, il est déjà marié en « petites noces », mais parce qu’il n’a pas encore fait le « grand mariage ». Sa famille a peur d’être frappée d’ostracisme par les villageois — la plus grande punition que l’on puisse infliger à un homme ou à une famille comorienne. Lors du grand mariage de sa sœur aînée, les villageois refusèrent de participer aux festivités tant que Soumbi n’accepterait pas de faire partie d’une classe d’âge traditionnelle. Il refusa ce diktat coutumier. S’ensuit alors une lutte qui oppose ce « guzi » à la société traditionaliste brandissant le Tam-tam des Bannis, qui annonce qu’une personne ou une famille sera frappée d’ostracisme.