An-Nazarât — Les Regards, Tome I
Traduit de l’arabe par Fatima Ben Khay.
Essayiste et nouvelliste égyptien, Moustapha Lutfi al-Manfalouti publie à partir de 1908, dans l’hebdomadaire cairote Al-Mu’ayyad, une série de textes courts où il observe son époque : la condition faite aux femmes, les disparités sociales et l’hypocrisie des puissants. Sa critique puise moins dans les idées venues d’Occident que dans les préceptes de l’islam lui-même, qu’il entend débarrasser des traditions qui les ont figés. Réunis en trois volumes entre 1910 et 1921 sous le titre An-Nazarât — Les Regards, ces textes sont devenus l’un des monuments de la prose arabe moderne.
Cette prose narrative rompt avec la rhétorique ancienne. Ornée sans être vaine, elle est portée par le sens de la formule et de la mise en récit. C’est cette même plume qui a permis à Manfalouti de transposer en arabe, avec une grande liberté, des œuvres du romantisme français, notamment celles de Bernardin de Saint-Pierre, Alexandre Dumas fils, Chateaubriand, Edmond Rostand et Alphonse Karr.
Ce premier tome donne à lire en français une voix qui a précédé et nourri de nombreuses écritures arabes ultérieures. L’ouvrage paraît dans la collection Passages.
An-Nazarât — Les Regards, Tome I
Traduit de l’arabe par Fatima Ben Khay.
Plus d’un siècle après sa première parution, la question qu’ouvre An-Nazarât — comment regarder son époque sans se mentir — n’a rien perdu de son acuité. Voici, traduit en français pour la première fois, le premier des trois volumes qui ont fait de Moustapha Lutfi al-Manfaluti l’une des voix les plus lues de la littérature arabe moderne.
Présentation
Essayiste et nouvelliste égyptien, Moustapha Lutfi al-Manfaluti publie à partir de 1908, dans l’hebdomadaire cairote Al-Mu’ayyad, une série de textes courts où il observe son époque avec une exigence morale rare : la condition faite aux femmes, les disparités sociales, l’hypocrisie des puissants. Sa critique puise moins dans les idées venues d’Occident que dans les préceptes de l’islam lui-même, qu’il entend débarrasser des traditions qui les ont figés. Réunis en trois volumes entre 1910 et 1921 sous le titre An-Nazarât — Les Regards, ces textes sont devenus l’un des monuments de la prose arabe moderne.
La traductrice
Fatima Ben Khay est professeure agrégée en traduction et nouvelliste. Elle signe la traduction française du premier volume d’An-Nazarât — Les Regards, publiée aux Éditions De La Lune dans la collection Passages.
La cité merveille
Ancienne cité nichée au pied du Karthala, Mitsoudjé a longtemps été un carrefour de cultures, de commerce et de pouvoir aux Comores. La cité merveille en dresse l’inventaire à travers neuf parties qui suivent le lecteur des origines et de l’urbanisme du bourg jusqu’à ses grandes figures politiques, en passant par la vie sociale, les épreuves de la pauvreté, les conflits domaniaux et les mutations de l’environnement. L’auteur, témoin et acteur de cette histoire, y mêle le document et le souvenir : quartiers, notables, mosquées, confréries et récoltes composent le portrait d’une ville qui a, dès les années 1940, pesé sur l’avenir du pays.
Ce qui distingue ce livre, c’est la voix qui le porte : celle d’un homme de la terre et de la région, parlant sans détour de ce qu’il a vu et vécu, des tensions entre notables et société aussi bien que des espoirs déçus de l’après-indépendance. Entre chronique locale et essai politique, La cité merveille prolonge la vocation de la collection Archipel : comprendre et raconter l’océan Indien à hauteur de ceux qui l’habitent.
Le prix de la corruption
Depuis 2008, l’Union des Comores a multiplié les textes et les institutions censés endiguer la corruption : lois sur la transparence publique, chambre anticorruption au sein de la Cour suprême, dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Pourtant, près de vingt ans plus tard, la corruption demeure perçue comme l’un des principaux obstacles à la consolidation de l’État de droit. Le prix de la corruption part de ce paradoxe : pourquoi les textes existent-ils sans toujours produire les effets attendus ? Quel rôle jouent la justice, les organes de contrôle, les médias, les lanceurs d’alerte et la société civile dans cet écart persistant entre la loi et son application ?
Ancien député, ancien président de la commission des lois de l’Assemblée de l’Union des Comores et formé à l’Université Senghor à la prévention de la corruption, Mohamed Mourchidi écrit depuis l’intérieur des institutions qu’il interroge. Son enquête croise analyse documentaire et entretiens avec des magistrats, avocats, journalistes et acteurs de la société civile, avec une attention particulière portée au programme de citoyenneté économique, étudié ici comme un cas révélateur des tensions entre souveraineté, finances publiques et responsabilité politique.
Sans se limiter à la dénonciation, l’ouvrage cherche à comprendre les mécanismes qui rendent la corruption possible — et les conditions d’une véritable culture de redevabilité. Essai de la collection Polix, à paraître le 1er septembre 2026.
Les frasques d’un notable
Un matin ordinaire voit le bangwe — la place publique — accueillir ses premiers habitués. Des hommes, exclusivement, venant passer le temps et écouter la dernière rumeur du jour : un mariage dans les règles du anda s’annonce, lieu de toutes les intrigues et de tous les fantasmes. Mais Mlazema, le fils du paria, pourra-t-il s’unir à l’élue de son cœur, Zaïna, la bien-née ? Avec Les frasques d’un notable, Patrice Ahmed Abdallah, dramaturge comorien, nous entraîne dans les coulisses du grand mariage, symbole de la tradition des îles de l’océan Indien. Sous le mode théâtral, l’auteur dénonce, sans pourtant l’attaquer de front, une pratique coutumière qui, à bien des égards, plombe le développement d’un pays, tout en servant les intérêts personnels de chacun, y compris les intellectuels et les politiques.
Honneur ou bonheur ?
Mistoihi Abdillahi explore dans cette pièce de théâtre le déchirement entre les exigences de l’honneur familial et la quête personnelle du bonheur. À travers les codes et traditions des Comores, l’auteur interroge les contraintes imposées aux individus par la société et met en lumière les tensions entre liberté individuelle et obligations collectives. Un regard lucide et poétique sur des valeurs universelles à travers le prisme de la culture comorienne.
Une enfance volee
Luna arrive sur terre sous le signe de la balance. Ne va-t-elle pas là peser le pour et le contre ? Qu’espère-t-elle découvrir dans sa quête de soi, tirenaillée entre le rationnel et l’imaginaire ? Saura-t-elle retrouver cet ange qui l’accompagnera dans sa quête de vérités ? Parviendra-t-elle à protéger son enfance, ce monde merveilleux, imprégné de créativité et de poésie ? Dans ce récit, Marielle Cuvelier raconte l’histoire de Luna et les obstacles qu’elle rencontre dans sa jeunesse pour apprendre à se connaître et avoir tout simplement sa place. Artiste peintre, Marielle Cuvelier a une deuxième passion, celle de l’écriture.
De Marseille aux Comores : entree en politique d’une jeunesse issue de l’immigration
Comment une jeunesse comorienne issue de l’immigration s’engage-t-elle en politique dans son pays d’origine ? À travers cette étude publiée dans la collection Polix, Azad Halifa analyse les trajectoires militantes de jeunes Comoriens formés à Marseille et entrés dans l’arène politique comorienne. Entre appartenance diasporique et engagement citoyen, entre Marseille et Moroni, cet essai de sociologie politique éclaire les mécanismes d’une entrée en politique singulière, nourrie d’expériences transonationales.
A la quete de mon identite : retour au pays d’origine
Le jeune Uko Utiël, né en France de parents originaires de la Guinée-Bissau, décide d’aller se ressourcer auprès de ses ancêtres. De Paris à Kajinjassa en passant par Dakar et Ziguinchor, tout est bouillonnement : sa volonté ferme d’atteindre son but, l’omniprésence de la chaleur humaine. Sa grand-mère Nuunu suivra ses pas, ses gestes, ses paroles pendant le temps qu’il aura passé dans son village d’origine, telle une bergère veillant sur son troupeau. Ce voyage initiatique permet au narrateur de plonger dans l’océan culturel des Manjaku — un monde où les morts n’ont jamais voulu partir, où les hommes comprennent le langage des animaux.
Dialogue : Islam & philosophie
Être philosophe aujourd’hui implique de réfléchir sur la relation entre philosophie et religion, en l’occurrence ici, l’islam. Muigni Baraka et Ismaël Ibouroi vont, chacun avec sa sensibilité, confirmer la compatibilité entre les deux dans un débat que Radio Comores a organisé en 1987. Vingt ans passés, le lecteur pourra prendre la mesure exacte de ces propos inédits d’une actualité brûlante sur la philosophie, la place de l’homme dans l’islam, la liberté de l’individu et la question de la providence. Ces thèmes ont suscité la réprobation et la censure des autorités religieuses de l’époque, mais depuis, ce dialogue n’a cessé d’être diffusé par les radios privées et publiques comoriennes, menant ainsi une résistance silencieuse contre toute forme de bâillonnement de la pensée.