Voyage au pays de Léo — Le Républicain Lorrain, avril 2007

Hervé Boggio consacre un article au livre Léo et l’école de Noël Walterthum, instituteur et poète, dans Le Républicain Lorrain (fin avril 2007).

MÉDIA : Le Républicain Lorrain
DATE : fin avril 2007
JOURNALISTE : Hervé Boggio (H. B.)
LIVRE CONCERNÉ : Léo et l’école
AUTEUR DU LIVRE : Noël Walterthum
ÉDITEUR : Éditions De La Lune
TYPE DE DOCUMENT : coupure de presse / archive médias

Voyage au pays de Léo

Fais-lui peur. C’est précisément parce qu’il se refuse à jouer ce rôle-là que Noël Walterthum a pris la plume cette fois : « J’ai tellement eu peur moi-même. Peur de mon père, peur du diable, de mal faire, des filles, etc. » Instituteur, directeur de l’école de Carling, mais aussi auteur-compositeur et poète, ce dernier, au soir d’une carrière pleine, s’est interrogé à la faveur de sa « rencontre » avec Léo. L’institutrice qui lui avait amené l’enfant turbulent parce qu’elle n’en venait plus à bout ne « pensait pas mal faire », assure Noël Walterthum : elle voulait lui voir jouer l’un de ces rôles que l’institution assigne aux directeurs.

Mais pourquoi un tel rôle ? Qu’est-ce qui fait l’école en 2007 ? Qu’est-ce qu’un enseignant ? Qu’est-ce qu’être parent ou être enfant ? En quelques dizaines de pages d’une écriture limpide et douce, l’enseignant revient sur cette foule d’obstacles et de violences ordinaires qui peuvent rendre la vie si dure pour les plus jeunes. Mais aussi pour ceux qui les entourent. À travers son exploration sans concession de l’école, Noël Walterthum évoque tout ce qui constitue un monde auquel nous appartenons tous ou auquel nous avons appartenu : enseignants démissionnaires ou niés, broyés entre trop d’exigences contraires, parents en mal de repères qui n’ont rien à transmettre que leurs doutes, enfants brinquebalés, parfois trop mais toujours mal aimés…

Il faut lire aussi, entre les lignes de ce volume, de nombreuses raisons d’espérer, à condition de bien vouloir regarder les difficultés en face.

Car la possibilité de garder intacte une certaine envie — de se parler, de s’aimer, de transmettre des valeurs — existe toujours, selon l’auteur, ainsi que cette indispensable volonté d’enseigner, toujours présente chez de nombreux profs…

« Croire en l’enfant »

Après Angles, Les Murs et Le Voleur de temps (Pierron), Noël Walterthum propose avec Léo et l’école (Éditions de la Lune) « un constat mais aussi des propositions. Je reprends aujourd’hui ma liberté : celle de dénoncer la morale de l’argent facile, de la consommation ; celle de dire que je crois toujours en l’enfant mais moins à l’institution ! Une institution qui se transforme trop souvent en machine à démotiver, et qui reste sourde à toutes les voix qui s’élèvent. ». Cet ouvrage a aussi été pour l’auteur l’occasion d’une introspection, « à travers la mise en parallèle de mon vécu avec la vie de Léo ». Une méthode qui, loin de proposer une énième version de la querelle des anciens et des modernes, souvent stérile quand il s’agit de l’école, a produit un acte de foi : foi dans la possibilité de briser la « mécanique de l’échec programmé » à condition de « ne plus laisser croire que l’école est le seul rempart culturel et éducatif qui reste ! ».

L’appel d’un optimiste au sursaut.

H. B.

Cette coupure de presse est publiée comme archive documentaire dans le cadre de la valorisation du catalogue des Éditions De La Lune.

Léo et l’école

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Noël Walterthum

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