Au rythme des alizés
Djinam est jeune, belle et amoureuse. Mais elle est fiancée à Ba’ta, qui a pris la mer sur un kwassa-kwassa pour trouver du travail sur une île voisine. Quand elle le rejoint, une autre histoire commence — et Ziara, qui l’aimait, prend la mer à son tour, moins chanceux que son rival.
Ces nouvelles sont celles d’une génération prise entre deux rives : celle des îles natales et celle de l’exil proche, entre espoir et désillusion, entre la fidélité aux siens et l’aspiration à autre chose. Adjmaël Halidi y dessine des portraits intenses, dans une atmosphère où les parfums des îles se mêlent à la brutalité de l’océan et aux silences lourds des familles.
Le grand mariage, la condition des femmes, l’exil choisi ou subi, la fraternité et la trahison — ce recueil traverse les tensions profondes de la société comorienne avec une écriture vive, portée par une voix singulière. Adjmaël Halidi publie ces nouvelles à vingt ans. Une première publication qui marque l’entrée dans la littérature comorienne d’une voix déjà formée.
Le destin de Narimane
Narimane n’est pas épargnée par la vie. Femme discrète, disponible et profondément humaine, elle avance dans l’ombre des drames qui jalonnent son existence. Manipulée par Mounir, l’homme qui prétend l’aimer, elle quitte sa ville et son pays pour Paris, emportant avec elle ses espoirs, ses blessures et ses illusions.
Au fil du récit, les épreuves se succèdent : maladie d’Alzheimer, décès, nouvelles rencontres, retour au pays, souvenirs qui ressurgissent. Peu à peu, la vie impose sa logique, parfois cruelle, parfois lumineuse. Le passé revient, les liens se renouent, la boucle semble se refermer.
Avec Le destin de Narimane, Katia Hacène signe un roman sensible sur la résistance intime, les blessures de l’amour, l’exil, la mémoire et la puissance du destin. Une histoire captivante qui accompagne le lecteur jusqu’à la dernière ligne, avec une question en suspens : qui, de Narimane ou du destin, sortira vainqueur ?
La terre des Gardiennes : La reine
Le pays d’Occendia ressemble à beaucoup de pays : des usines, des journées qui se ressemblent, des destins qui s’effacent. Lodine y perd ses parents, puis regarde ses deux jeunes frères, Léger et Yvain, dériver lentement. Elle décide alors de partir à la recherche d’une cité dont sa grand-mère lui avait parlé — une cité au bord d’un lac, fondée sur d’autres valeurs.
Elle la trouve. La reine Gracienne l’y accueille. On y vit de l’artisanat et de l’agriculture, simplement, sans manquer de rien. Les deux frères retrouvent peu à peu un équilibre, un sens, une place. Lodine, elle, trouve une cause.
Car la cité attire la convoitise du roi Irgan, monarque d’Occendia, qui entend ramener ce monde à part dans son ordre. Lodine choisit de se mettre au service de sa reine et de défendre ce qu’elles ont construit. Roman d’aventure et de réflexion, La terre des Gardiennes pose la question de la place des femmes dans la vie politique et sociale, et celle du bonheur que l’on accepte de protéger.