Biographie
Né le 30 décembre 1876 à Manfalout, dans le gouvernorat d’Assiout, Moustapha Lutfi al-Manfaluti reçoit une éducation coranique avant d’étudier à l’université Al-Azhar, au Caire. L’enseignement du cheikh réformiste Mohammed Abdou marque durablement sa pensée. Il commence à écrire dès l’âge de seize ans, nourri par la lecture des grands classiques arabes.
Ses poèmes critiques envers le khédive Abbas II et la présence britannique en Égypte lui valent six mois de prison alors qu’il est encore étudiant. De 1913 à 1921, il est secrétaire de l’Assemblée législative égyptienne, puis se consacre entièrement à l’écriture. Il meurt au Caire le 25 juillet 1924, à quarante-sept ans.
Une œuvre de la Nahda entre critique sociale et transmission
Figure de la Renaissance littéraire arabe, al-Manfalouti consacre de nombreux textes aux injustices sociales, à la condition faite aux femmes et à l’hypocrisie des puissants. Son style lyrique et sa prose narrative, dégagée de la rhétorique ancienne, ont contribué au renouvellement de la littérature arabe moderne ainsi qu’à l’essor de la nouvelle et du roman.
Il se fait également connaître comme passeur, en transposant en arabe, avec une grande liberté, des œuvres du romantisme français : Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils, Atala et Le Dernier Abencérage de Chateaubriand, Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, ou Sous les tilleuls d’Alphonse Karr.
Œuvre principale
An-Nazarât (النظرات, Les Regards), recueil d’essais publié en trois volumes entre 1910 et 1921 à partir de textes parus dans l’hebdomadaire cairote Al-Mu’ayyad, reste son ouvrage le plus lu. Les Éditions De La Lune en publient la traduction française, par Fatima Ben Khay, dans la collection Passages.
Ses ouvrages aux Éditions De La Lune
Des extraits audio liés à certains ouvrages de cet auteur sont disponibles dans la Sonothèque.