La Semaine présente Léo et l’école de Noël Walterthum, directeur d’école à Carling, dans un article signé Matthieu Villeroy (début mai 2007).
Carling — L’école de la liberté
« Je ne pars pas en guerre contre le système, je reprends juste ma liberté. » Dans un an ou deux, Noël Walterthum ne dirigera plus le groupe scolaire du Centre à Carling. Laissera derrière lui les classes de 26 élèves, les concours de dessins affichés aux murs ou les mots tracés à la craie sur le tableau vert. Refermera la porte du bâtiment qui fleure bon le temps ancien.
La vision de son métier, il vient justement de la donner dans un livre racontant une histoire, celle de « Léo et l’école ». Ni brûlot ni réflexion philosophique mais un ouvrage où la poésie est mise au service de messages. « Au départ, je me suis posé la question de l’école idéale, celle qui prend en compte la réalité de l’enfant dès la maternelle. Celle qui met en place de vrais contacts entre les parents, les maîtres, l’assistante sociale. L’école, c’est une logique qui permet de faire comprendre les langages de la vie. L’élève qui ne sera pas utiliser ces mots sera perdu. » Or, pour accompagner la naissance de cette identité, les différents tuteurs doivent pouvoir dialoguer entre eux, échanger. « L’Éducation nationale est pleine de barrières et on ne se parle pas. Nous ne sommes plus dans un collectif. » Barrière aussi à l’extérieur avec « des parents qui ont pu conserver des angoisses de leur scolarité ».
« Léo et l’école » est donc l’histoire d’un enseignant qui pose un jour sa craie et regarde l’élève qui se trouve en face de lui. Sans note ni reproche, simplement en humanité. Une manière de tordre le coup à une approche où l’enfant est en boîte comme d’autres sont en pack. Un monde formaté qui ne laisse pas assez la place à l’épanouissement et à la réflexion personnelle.
« Les élèves connaissent le même monde, sont nourris de la même télévision. » Même constat pour les enseignants, « pour moi, c’est aussi le métier où il faut apprendre à penser tout seul. Aujourd’hui, on n’a plus le droit à l’erreur, plus le droit au « je ne sais pas ». Nous sommes trop marqué par l’institution. Ce besoin en permanence d’évaluer, de jauger, de mettre systématiquement une note pour faire plaisir à une hiérarchie ou un inspecteur. » Redonner un peu de vie et surtout un vent de liberté.
M. V.
▸ Léo à l’école aux éditions de la lune. Parution à la fin du mois.
Cette coupure de presse est publiée comme archive documentaire dans le cadre de la valorisation du catalogue des Éditions De La Lune.
