par Djaffar Mmadi
Naida n’a pas encore grandi que le monde a déjà décidé de l’aimer — sa grand-mère en tête, d’une affection totale et silencieuse. Quand cette présence disparaît, puis que Naida elle-même s’en va trop tôt, c’est son père Daroueche qui prend la plume pour raconter ce qui ne doit pas être effacé. Un roman sobre et émouvant sur la mémoire d’une enfant et le deuil d’un père.
Naida arrive dans ce monde et le monde l’accueille. Sa grand-mère lui voue une affection sans faille, muette et absolue — elles se comprennent sans mots, malgré les années qui les séparent. Autour d’elle, la tribu tout entière tisse ce concert affectif qui entoure les enfants dans les îles.
Puis la grand-mère part. Les blagues cessent. Les contes aussi. Naida pose les questions que posent les enfants quand la mort survient pour la première fois : pourquoi ? est-ce qu’elle va revenir ? Son père essaie de répondre. Mais Naida ne restera pas longtemps à l’école du Petit Poucet. Un accident vient interrompre brutalement son enfance.
C’est Daroueche, son père, qui écrit. Les circonstances de ce départ ont guidé sa plume. Il ne cherche pas à atténuer la douleur — il cherche à l’exprimer, à donner à Naida le récit qu’elle méritait. Sensible et pudique, Le petit poucet comorien est le livre d’un père qui refuse que le silence soit le seul tombeau de sa fille.